{"id":334,"date":"2018-12-10T17:17:22","date_gmt":"2018-12-10T16:17:22","guid":{"rendered":"https:\/\/lecubin.fr\/?page_id=334"},"modified":"2018-12-10T17:24:20","modified_gmt":"2018-12-10T16:24:20","slug":"texte-aviation","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lecubin.fr\/index.php\/texte-aviation\/","title":{"rendered":"texte aviation"},"content":{"rendered":"\n<p>Oui, je suis n\u00e9 dans l\u2019Aviation.&nbsp;Mon p\u00e8re \u00e9tait aviateur et voila le lien intime qui me relie \u00e0 cette \u00c9criture.&nbsp;Dans l\u2019inconscience de ma petite enfance elle m\u2019a impr\u00e9gn\u00e9, conditionn\u00e9. Ne voulais-je pas \u00eatre pilote, alors que je commen\u00e7ais \u00e0 peine \u00e0 parler et \u00e0 exprimer un d\u00e9sir, un souhait&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ma petite enfance il n\u2019y a eu que l\u2019avion qui atterrissait ou celui qui d\u00e9collait. Il n\u2019y eut que des accueils ou des au revoir. Le d\u00e9part, le retour&#8230;et puis un jour, il n\u2019y a pas eu de retour. L\u2019avion s\u2019\u00e9tait \u00e9cras\u00e9 quelque part dans la montagne. Et moi, malgr\u00e9 ce drame, j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 prendre l\u2019avion&#8230;dans mes r\u00eaves.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le r\u00eave fut entretenu&nbsp; dans cette \u00c9cole des Pupilles de l\u2019Air o\u00f9 je fis mes \u00e9tudes et o\u00f9 l\u2019Aviation nous enveloppait d\u2019un manteau invisible, mais pr\u00e9gnant. Et c\u2019est au sein de cette \u00e9cole comme mon r\u00eave d\u2019\u00eatre un jour pilote a pris fin, bien involontairement arr\u00eat\u00e9 par un verdict m\u00e9dical sans appel.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors j\u2019ai gal\u00e9r\u00e9 durant quelques ann\u00e9es. L\u2019avion me manquait, pas forc\u00e9ment en tant que pilote, mais comme une n\u00e9cessit\u00e9 de vie. J\u2019eus bien professionnellement quelques tr\u00e8s rares occasions de me d\u00e9placer par la voie des airs et j\u2019ai conserv\u00e9 de l\u2019un d\u2019eux un souvenir \u00e9mu. D\u00e9collage d\u2019Orly \u00e0 bord d\u2019une Caravelle \u00e0 destination de Marseille-Marignane. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le fait d\u2019annoncer que vous \u00e9tiez un ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00c9cole des Pupilles de l\u2019Air, vous ouvrait la porte du cockpit et le privil\u00e8ge d\u2019admirer le ciel autrement que derri\u00e8re un petit hublot de cabine. Le retour se fit de Marseille-Marignane \u00e0 Lyon-Bron (Saint-Ex n\u2019avait pas encore donn\u00e9 son nom \u00e0 cet a\u00e9roport) \u00e0 bord d\u2019un bon vieux Br\u00e9guet Deux-Pont qui au d\u00e9collage tremblait de toute sa carcasse, tout en prenant son temps avant de d\u00e9coller enfin en tout bout de piste. La sensation \u00e9tait merveilleuse, car c\u2019\u00e9tait un avion plein de vie, dont la s\u00fbret\u00e9 en vol n\u2019avait jamais fait d\u00e9faut. Mais ce n\u2019\u00e9tait l\u00e0 que de petites parenth\u00e8ses.<\/p>\n\n\n\n<p>Le hasard me conduisit un jour vers l\u2019Arch\u00e9ologie et, au sein de cette \u00ab&nbsp;discipline terrienne&nbsp;\u00bb, prenait naissance une activit\u00e9 nouvelle&nbsp;: la prospection de nos terroirs par photographie a\u00e9rienne, dont on devait, en France, la mise en valeur par Roger Agache et dont Daniel Jalmain \u00e9tait le pionnier dans notre r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019avion venait \u00e0 mon secours dans le cadre d\u2019une pratique proche de celle de mon enfance&nbsp;: petit avion \u00e0 h\u00e9lice&nbsp; qu\u2019on allait rejoindre en marchant sur le tarmac. Dans la bulle du cockpit, assis en poste avant droit, on avait le ciel tout \u00e0 soi que l\u2019on partageait seulement avec le pilote.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut le d\u00e9but d\u2019une grande et belle aventure o\u00f9 je pouvais associer mon addiction pour l\u2019Avion et ma passion pour l\u2019Histoire. Premier d\u00e9collage le 26 ao\u00fbt 1968 de l\u2019a\u00e9rodrome Blois-Le Breuil, dernier atterrissage le 17 octobre 2008&nbsp;: 40 ans&nbsp;! Quarante ans de compagnonnage avec mes amis pilotes, dont le premier fut Marcel Barelli. Mais je citerais \u00e9galement Ernest Buisson, Jean-Luc G\u00e9ni\u00e9, Bernadette Dumont, qui \u00e9tait alors chef-pilote, Philippe Renault, Andr\u00e9 Genty, avec une mention toute sp\u00e9ciale pour Georges Mennesy et Alain Pommier. Premier d\u00e9collage avec Georges le 8 juillet 1979 et dernier vol en sa compagnie le 29 mai 1987. Pour lui c\u2019\u00e9tait l\u2019heure de la retraite. Alain n\u2019a pris le relais que le 28 octobre 1993, pour faire notre dernier voyage de prospection le 17 octobre 2008.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux pilotes avec lesquels, durant ces longues ann\u00e9es, nous avons form\u00e9 une v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;\u00e9quipe&nbsp;\u00bb&nbsp;: pilote-photographe, le premier mettant sa science du pilotage au service du second pour lui permettre la meilleure prise de vue. Deux pilotes et deux conceptions du pilotage. Une fois l\u2019objectif rep\u00e9r\u00e9, Georges faisait un double basculement gauche-droite, offrant, avec une grande pr\u00e9cision,&nbsp; la vue du site \u00e0 photographier dans l\u2019angle form\u00e9 par l\u2019avant du fuselage et l\u2019aile droite. Alain avait un vol plus coul\u00e9, glissant vers l\u2019objectif. Une technique de vol qui se pr\u00eatait mieux \u00e0 l\u2019a\u00e9ronef que nous avons beaucoup utilis\u00e9&nbsp;: le Dymona, alors qu\u2019avec Georges j\u2019ai essentiellement vol\u00e9 sur Robin ou Rallye.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant ces quarante ann\u00e9es j\u2019ai effectu\u00e9 pr\u00e8s de 170 missions photographiques au-dessus du Loir-et-Cher, en 180 heures de vol. Que de souvenirs divers et vari\u00e9s dont ce n\u2019est pas ici la place de les conter&nbsp;! Mais combien de remerciements je dois \u00e0 ces pilotes d\u2019un jour ou de plusieurs ann\u00e9es&nbsp; qui m\u2019ont permis de poursuivre cette qu\u00eate du ciel d\u00e9but\u00e9e dans ma petite enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me fallut, un jour, mettre un point final \u00e0 cette prospection arch\u00e9ologique par photographies a\u00e9riennes et, plus simplement, \u00e0 toute mon activit\u00e9 arch\u00e9ologique. Il fallait redescendre sur terre&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il \u00e9tait \u00e9crit que l\u2019aventure n\u2019\u00e9tait pas finie et c\u2019est au gr\u00e9 du vent qu\u2019elle s\u2019est poursuivie. Un professeur d\u2019histoire, devenu a\u00e9rostier, d\u00e9cida de concilier ses deux passions en proposant \u00e0 ses passagers des \u00ab&nbsp;vols comment\u00e9s&nbsp;\u00bb \u00e0 la d\u00e9couverte des paysages du d\u00e9partement de Loir-et-Cher, dans une autre dimension. C\u2019est ainsi qu\u2019est n\u00e9e, avec Micka\u00ebl Dubois, une nouvelle complicit\u00e9 dans le ciel. Du plus lourd que l\u2019air, je suis pass\u00e9 au vol en montgolfi\u00e8re, toujours l\u00e0-haut dans cet \u00e9l\u00e9ment qui a marqu\u00e9 ma vie.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 dans le monde de l\u2019Aviation, je me suis aussi int\u00e9ress\u00e9, en historien, aux femmes et aux hommes qui en ont construit la belle Aventure.<\/p>\n\n\n\n<p>Claude LEYMARIOS<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/lecubin.fr\/\"><strong>Retour Accueil<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oui, je suis n\u00e9 dans l\u2019Aviation.&nbsp;Mon p\u00e8re \u00e9tait aviateur et voila le lien intime qui me relie \u00e0 cette \u00c9criture.&nbsp;Dans l\u2019inconscience de ma petite enfance elle m\u2019a impr\u00e9gn\u00e9, conditionn\u00e9. Ne voulais-je pas \u00eatre pilote, alors que je commen\u00e7ais \u00e0 peine \u00e0 parler et \u00e0 exprimer un d\u00e9sir, un souhait&nbsp;? 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