Note de présentation de la toponymie du Loir-et-Cher
Chacun des 23 cantons originels du département de Loir-et-Cher, comporte quatre grands dossiers, à savoir :
A-Introduction à la micro-toponymie du canton, divisée comme suit :
- un tableau donnant, pour chaque commune, les références INSEE , la date du cadastre Napoléonien, la superficie totale, le nombre de parcelles, la moyenne parcellaire et le nombre de micro-toponymes recensés.
- une rapide présentation de la ou des régions naturelles qui recouvrent le canton sur la base de la carte établie par la Chambre d’Agriculture de Loir-et-Cher.
- une courte analyse parcellaire faisant ressortir les superficies moyennes des parcelles.
- un aperçu des grands thèmes toponymiques qui peuvent apparaître dans certains cantons, avec des exemples d’explications de certains micro-toponymes.
- une liste donnant la dénomination des sections pour chaque commune.
Le cadastre communal, dès son origine, comprend :
- un tableau d’assemblage sur lequel sont figurées les différentes sections (ou « climats ») composant la commune,
- des feuilles de sections avec numération en lettres (A, B, C, D, etc.). Certaines grandes sections peuvent comporter plusieurs feuilles (A1,A2,A3, B1, B2, etc.)
Chaque feuille de sections porte un nom découlant d’un gros bourg ou d’une ferme importante qui la compose, d’un étang, d’un bois, d’un ruisseau,…. Ces sections correspondent, en général, à une petite région naturelle de la commune, appelée « climat ».
B-Liste alphabétique de la micro-toponymie du canton.
Chaque micro-toponyme est suivi du/ou des numéros INSEE des communes dans lequel on le retrouve et de l’indication de la/ ou des feuilles de sections où il se situe, permettant ainsi un repérage graphique rapide.
C-Tableau cantonal de recensement des caves
Les états de sections qui accompagnent chaque cadastre communal font mention des :
- numéros de parcelle,du nom du propriétaire, de na dénomination du lieu-dit, de la nature de culture ou du bâti qui occupent la parcelle et des différents taux d’imposition appliqués en fonction de ces différentes natures. C’est ainsi que, dans le bâti figure les caves creusées, ou à l’origine naturelles appartenant aux différents propriétaires.
L’inventaire de ces caves est précieux car, certaines ayant disparu, en surface, depuis parfois plusieurs décennies, leur présence dans le sol peut présenter un risque dans des secteurs sujets à des glissements de terrain. Cet inventaire s’adresse donc, prioritairement aux services de l’État chargés de la prévention contre les risques naturels.
D-Tableau cantonal récapitulatif des superficies parcellaires communales.
Ces différents tableaux peuvent donner une image intéressante de la physionomie des parcellaires pour chaque commune, à savoir par exemple :
- un très petit parcellaire, très souvent lanièré, rappelant un paysage de vignoble,
- un parcellaire moyen lié à une activité de culture ou d’élevage,
- un vaste parcellaire correspondant aux zones de landes principalement en Sologne.
Pourquoi un dictionnaire de toponymie ?
C’est au début des années 2000 que j’ai commencé à dépouiller systématiquement tous les cadastres napoléoniens et les états de sections, qui sont leur corollaire, conservés aux Archives départementales de Loir-et-Cher. Un total de 56 790 toponymes pour les 297 communes regroupées en 23 cantons originels.
56790 toponymes qui ont été recopiés, puis saisis sur ordinateur avant d’être regroupés par listes cantonales, puis en une seule liste départementale qui ne comprend plus, après regroupement des doublons, que 40 241 toponymes, soit une réduction de 29%. Mais c’est dire aussi que ces nombreuses manipulations n’ont pu se faire sans quelques erreurs ponctuelles que certains lecteurs pourront éventuellement détecter. Qu’ils le signalent, tout en m’accordant, je l’espère, une certaine indulgence en songeant que la perfection n’existe pas.
Pourquoi ce dictionnaire ? En premier lieu, parce que, dès que j’ai commencé à faire des recherches archéologiques sur l’ensemble du département de Loir-et-Cher, j’ai compris que la toponymie pouvait être un vecteur intéressant pour aider à détecter certains sites. Lorsque nous avons réalisé en 1974, avec Jackie Despriée, Jean-Marie Lorain et Jacques Cartraud, le troisième tome de l’Inventaire des Mégalithes de la France, consacré au Loir-et-Cher, nous nous sommes intéressés à certains toponymes qui auraient pu être des indicateurs de mégalithes disparus (grosse pierre, pierre levée, pierre plate, etc.), mais nous ne possédions aucun dépouillement complet pouvant nous aider dans cette recherche. Nous nous sommes donc contentés de quelques sondages dans des communes qui nous semblaient propices à répondre à un tel questionnement. Cette enquête resta sommaire.
À propos de l’archéologie, les micro-toponymes peuvent être des indices, voire même des témoins de sites aujourd’hui totalement disparus : les « châtellier », châtillon », « vieux château » affectés à des structures qui ont, il y a quelques années, été reconnues comme protohistoriques ; les « maison rouge », grange rouge », « maison noire », voire « bordebure », qui proposent des vestiges gallo-romains;ou encore les « motte », les « plessis » en liaison avec la féodalité. Ce ne sont là que quelques exemples.
Dans le domaine de la linguistique, la moisson est très riche. Elle mériterait d’être exploitée de manière très spécifique à la recherche de tout un vocabulaire disparu, témoin des vieux parlers de nos régions que nous conservent quelques glossaires.
Une certaine curiosité intellectuelle, le lien entre archéologie et toponymie – voire même entre histoire et toponymie – , le mystère entourant la formation de lieux-dits, tous ces éléments m’incitèrent à vouloir aller plus loin dans cette recherche, en proposant des articles reprenant les toponymes à l’échelle du canton, avec une analyse sommaire de leur contenu. Fallait-il s’arrêter à ces publications cantonales ? Il m’est apparu qu’en regroupant ces listes cantonales en une seule liste départementale, avec disparition des doublons , nous pouvions donc offrir au lecteur un véritable dictionnaire départemental de micro-toponymie.
Dernier point, les relevés par commune ont été fait en indiquant, pour chaque toponyme, la feuille cadastrale où il figure, simplifiant peut-être la recherche, mais alourdissant la présentation. Nous avons donc pris le partie de conserver la mention de la feuille cadastrale pour les listes cantonales qui se trouvent enregistrées aux Archives départementales de Loir-et-Cher et de ne conserver que le numéro de la commune pour le dictionnaire départemental.
Enfin une étude thématique termine ce dictionnaire départemental, elle comprend 317 entrées, réparties entre :
- le domaine de la religion : 92 entrées,
- les Hommes:31 entrées,
- le monde animal : 144 entrées
- le monde aquatique et végétal : 19 entrées,
- divers : 31 entrées.
A bientôt ! pour cette étude que nous mettrons en ligne à disposition de chacun.