Claude Leymarios est né le 22 mai 1932, au 3 cité Malesherbes à Paris dans le 9e arrondissement. Il est fils d’André et de Denise Junot qui résident 316, rue de la Ferme à Blanc-Mesnil. Son père est alors chargé, sur l’aérodrome du Bourget, de l’essai et de l’entretien des postes émetteurs et récepteurs sur les avions assurant les lignes commerciales et il effectue, à ce titre, de nombreux vols en direction des capitales européennes pour mettre au point de nouveaux appareils radios.
1933, André Leymarios est affecté, comme radio navigant, à la ligne Toulouse-Casablanca-Dakar et la famille s’installe chemin de l’Espinet à Toulouse.
Le 23 mars 1938, le trimoteur Dewoitine 338 « Ville de Toulouse », avec l’équipage : Henri Guy, pilote, André Leymarios, radio-navigant, Étienne Duthuron, mécanicien et cinq passagers, s’écrase sur le Mont Canigou. La vie de Claude Leymarios se poursuivra à Morée (Loir-et-Cher), chez sa grand-mère paternelle. Après l’école primaire, il partira en octobre 1943 faire ses études secondaires à Grenoble, à l’École des Pupilles de l’Air, qu’il quittera en juillet 1951.
Pour la suite merci à la Nouvelle République pour son article du 31 mars 2017, pour comprendre le cheminement de ce personnage un peu hors norme.
On ne vexerait pas Claude Leymarios en écrivant qu’à 85 ans, il a décidé de prendre de la hauteur. L’homme a toujours été un fou d’aviation, à l’image de son père qui en avait fait son métier et y a laissé sa vie. Mais aujourd’hui, la formule s’applique à son engagement dans l’archéologie, et plus particulièrement dans le comité départemental dédié à cette discipline, un organisme qu’il avait cofondé en 1993 avec Jean-Marie Lorain (autre grande figure de la discipline).
Rien dans son parcours professionnel initial, effectué dans la pétrochimie, ne le prédestinait à chercher des traces du passé dans le sous-sol. Mais en raison de ses attaches familiales à Morée, et des recherches généalogiques qu’il y effectuait sur ses ancêtres, c’est à lui que l’on s’est adressé un beau jour d’août 1963 où une pelleteuse opérant dans le secteur de Fréteval a mis au jour des ossements. « C’était un cimetière mérovingien. Cette découverte m’a fait prendre conscience qu’il existait sous nos pieds des vestiges d’époques sur lesquelles nous ne savons pas grand-chose, parfois rien du tout. Il suffit de creuser ! »
20 ans à Fréteval
Afin de tirer le meilleur parti de ses recherches, Claude Leymarios a jugé toutefois opportun d’entamer un cursus approfondi à l’école pratique des hautes études en archéologie gallo-romaine, médiévale et numismatique. Nommé correspondant des antiquités préhistoriques, embauché comme agent culturel par la préfecture avant d’intégrer le conseil général, il a coordonné l’action des diverses associations présentes sur le terrain au travers du comité archéologique, puis du Comité départemental du patrimoine et de l’archéologie (CDPA41) à une époque où la recherche dans ce domaine était essentiellement le fait de bénévoles et d’érudits passionnés.
De tous les chantiers qu’il a conduits, il garde un attachement particulier à l’inventaire des mégalithes, avec Jackie Despriée, et aux fouilles de Fréteval, qui ont duré vingt ans et ont permis de comprendre l’organisation du village autour du donjon, « et surtout d’initier à l’archéologie quelque cinq cents adolescents qui se sont relayés sur le site et dont quelques-uns en ont fait leur profession. »
La contribution la plus originale de Claude Leymarios à l’archéologie réside toutefois dans les dix mille photos aériennes réalisées pour l’essentiel au-dessus de la Beauce dans le cadre de cent soixante-dix missions de prospection. « Le Loir-et-Cher a vraiment été pionnier dans cette technologie qui consiste à rechercher au travers de la croissance des végétaux les traces des structures cachées dans le sous-sol ». Cet extraordinaire fonds documentaire déposé aux archives révèle les constructions gallo-romaines avec autant de précision qu’un plan d’architecte.
Il nous a quitté le 3 aout 2023.